NKM prête à défendre la Net Neutrality … oui mais …

Le concept de Neutralité du Net commence à faire son chemin et il semble que des dirigeants commencent à s’en émouvoir. C’est en tout cas ce que laisse entendre Nathalie Kosciusko-Morizet dans cette interview accordée à Ecrans.fr. Notre secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique se dit par exemple “fermement opposée à ce qu’un fournisseur d’accès puisse par exemple favoriser ses propres contenus via une intégration verticale” se dressant ainsi contre la stratégie de la majorité des fournisseurs d’accès Internet français. C’est assez courageux, bravo.

Seule ombre au tableau (on parlera plutôt de zone de floue), Nathalie Kosciusko-Morizet aborde le problème du blocage des sites pédophiles et de la régulation du trafic (le trafic shaping). Je ne vais pas revenir sur le blocage des sites qui diffusent des contenus pédophiles et de l’hypocrisie de cette démarche, mais sur la question qui est de savoir si un FAI doit ou non protéger son réseau afin que celui ci fonctionne, il est évident pour moi que la condition numéro pour la Net Neutrality, c’est un Net qui fonctionne, donc un réseau régulé en cas d’attaque massive… la question ne se pose même pas. En revanche, celle qui se pose, c’est la définition même du champs d’action et ce qui caractérise un réseau “en danger”, et là, il convient d’être prudent et de bien définir le champs d’action de ces derniers. Le filtrage ou le blocage d’un protocole dans son intégralité reste une atteinte manifeste à la Net Neutrality s’il n’est pas motivé par une cause réelle et sérieuse (le seul coût de la bande passante en est il une ?).

Revenant sur la décision de la cour d’appel fédérale sur l’affaire opposant la FCC (l’ARCEP américaine) à Comcast, NKM rappelle que c’est la forme qui a été jugée et non le fond, comme expliqué ici, la question de la Neutralité du Net va très vite revenir sur le tapi au USA.

Sur la question d’HADOPI, je me permettrais simplement de rappeler à notre secrétaire d’Etat que le projet initial du gouvernement était de se passer du juge et que le compromis trouvé est très loin d’être satisfaisant, une ordonnance pénale ne laissant pas aux utilisateurs le loisir de se défendre dans de bonnes conditions. Pire, même le logiciel de pseudo sécurisation sans lequel les courriers d’avertissement ne pourront pas partir est une vaste fumisterie et ça commence à se voir sérieusement.

Tout ça pour vous dire que oui, madame la ministre, j’ai été surement un peu trop violent avec vous dans ce billet, et je vous dois des excuses à ce sujet. Même si défendre Hadopi reste à mes yeux une monumentale erreur de votre part.

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