La revue de presse du pire des internets et des internets du pire

lolcatgrrrLes journalistes se sont ils passé le mot ? Y a t-il un concours dont nous n’aurions pas été tenus au courant ? Tout a commencé il y a deux jours lors de ma petite revue de presse, celle que je fais avant d’attaquer mon café. Par trois fois, j’ai repeint mon clavier, mon écran, j’ai bondi, j’ai hurlé. Le constat est là, nous sommes en 2013 et le stoytelling journalistique, savamment mixé avec un zeste d’incompétence, deux pincées de mauvaises foi et une cuillère à soupe de peur de l’inconnu… est roi.

Les Internets où tu meures dedans

On commence par la perle des perles avec les Internets de “on va tous mourir”. La technologie tue voyez vous, et Internet, bien qu’ayant fait moins de morts que Mac Donalds, est selon le journal de Montréal un outil criminel. L’auteur passe en revue pas moins de 8 façons de mourir à cause des vilains pirates du Net. De quoi foutre la trouille à… personne en fait. Attention, le titre et le visuel décapent :

Capture d’écran 2013-05-11 à 14.05.36

On apprend donc dans le Journal de Montréal que les pirates du net sont des meurtriers en puissance… ben voyons. Alors comment s’y prennent ils les pirates pour perpétrer des meurtres sur Internet ? Vous le saurez en lisant cet article. De mon côté après cette lecture j’ai ressenti une subite envie de me pendre à un RJ45 et ajouter une 9e façon de mourir à cause d’Internet, d’une journaliste qui a de curieux fantasmes. Journal de Montréal pirate ! Assassin !

Les Internets anonymes des criminels

Je vous en ai parlé ce matin sur Reflets, je n’ai plus trop envie d’y revenir, mais oui je trouve regrettable qu’un journaliste de Marianne s’abaisse à ce genre sensationnalisme dans un article, “Plongée dans l’Internet criminel” qui transpire l’incompétence et le parti pris de l’Internet du pire en occultant de définir les outils mentionnés pour ce qu’ils sont, à savoir, dans pas mal de pays, des outils indispensables à l’exercice de la liberté d’expression ou à la sécurité physique des journalistes et des citoyens. Si ce n’est pas déjà fait allez quand même le lire, et n’hésitez pas à expliquer à son auteur à quel point il est à côté de la plaque. Il ne manquera pas de vous répondre que oui il sait mais c’est pour vulgariser, car les lecteurs sont vraiment trop cons.

Le guide de l’anonymat sur Internet raconté par Bozo le clown

Voici un article qui m’a tout bonnement mis hors de moi. Pourquoi ? Parce que l’anonymat sur le Net est quelque chose de trop sérieux pour que le premier journaliste en mal de revenus publicitaires (et dont le code des pages transpire les tracking cookies) raconte tout et surtout n’importe quoi dessus, sans même en maitriser les bases les plus élémentaires. L’article a visiblement été retiré du site tellement il était ridicule, mais il est encore disponible dans le cache de Google et j’en ai conservé une petite copie téléchargeable ici au format PDF. On y apprend par exemple que CCleaner est un outil d’anonymisation (lol), ou que le honeypot hidemyass, “une solution de transfert de fichiers cryptés” (dans l’eau, le transfert de fichiers en mode chiffré, c’est SFTP ou SSH… Hydemyass, c’est un VPN qui chiffre l’intégralité du trafic quand c’est pas trop mal fait) est recommandé par l’auteur… peu importe si ce dernier file ses logs au FBI. En outre sortir un “Hydemyass” du chapeau c’est bien mais encore faut il expliquer que ce dernier utilise 3 protocoles OpenVPN, L2TP et PPTP… et surtout que seul OpenVPN implémenté correctement peut réellement garantir l’anonymat.. et encore, ce n’est pas magique car il existe 1001 façons de faire leaker votre véritable IP (plugins de navigateurs web, DNS, javascripts…).

Puis, On se rend vite compte que l’auteur confond lui aussi chiffrement du payload et anonymat (nécessitant chiffrement et protection du contexte). Si vous lisez cet article gardez à l’esprit que chiffrer n’est pas anonymiser, le chiffrement sans protection du contexte fait de vous et de votre interlocuteur des personnes parfaitement identifiables même si le contenu des messages est chiffré.

Pour conclure sur cet article, j’aurais vraiment voulu y répondre par un commentaire, mais voilà, “le guide de l’anonymat sur Internet” ne proposait qu’un fil de commentaires nécessitant une authentification à Facebook… you failed at failing.

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