#Snowden, #Assange : cette France qui conchie ses principes fondateurs

FreedomNous vous avons expliqué comment Amesys avait réussi son petit tour de passe passe pour exiler (tout en gardant la propriété) Eagle, son outil de surveillance de masse aux Emirats Arabes Unis, il y a quelques mois de ça. Aujourd’hui en refusant d’accorder à Edward Snowden l’asile politique, ou du moins en montrant une grande frilosité à se poser la question, la France conchie les libertés fondamentales inscrites dans sa Constitution, elle conchie ce qui est censé être notre ciment social.

Comme Julian Assange, Edward Snowden est physiquement menacé. Les informations qu’ils ont révélé sont classifiées aux USA et au motif du délit de “conspiracy” et d’espionnage, tous deux risquent la peine de mort, au mieux, comme le prévoit le Patriot Act, de finir leurs jours à Guantanamo, sans même être jugés.

La France, sur le papier, pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, préfère donc couvrir l’exile financier et technologique de ses produits de surveillance de masse “made in France”, plutôt que d’octroyer à ces deux personnes, auxquelles nous devons une prise de conscience mondiale, leur droit le plus élémentaire : celui de vivre.

Il faut bien comprendre que sous notre droit à nous, Edward Snowden comme Julian Assange n’ont commis aucun délit en publiant des informations classifiées aux USA car elles ne le sont pas du tout en France.

Du point de vue du droit “connu” de nos citoyens (que l’on opposera à des accords secrets), rien ne s’oppose donc à ce que Snowden et Assange puissent bénéficier de la protection de la France, ce serait même parfaitement légitime, humain et dans la droite lignée des valeurs que notre République dit défendre.

Cette frilosité, mise en perspective avec la fuite incompréhensible et innacceptable des activités d’Amesys qui lui valent pourtant aujourd’hui une enquête pour complicité de tortures en Libye sous le régime de Kadhafi, donne un très mauvais signal. Si notre gouvernement cherche à ressouder les citoyens français, qu’il le fasse avec les valeurs inscrites dans notre Constitution. Qu’il ne se dérobe pas derrière des accords secrets passés avec les USA ou toute autre puissance. A l’heure où notre pays a besoin d’envoyer un message fort pour unir un pays en proie à la crise, au doute, à la défiance de la classe politique, il a une occasion unique d’enfin parler d’une seule voix en faisant bloc derrière des valeurs fortes, des valeurs humaines.

Aussi, nous pouvons, nous devons interpeler nos élus sur cette question. Nous avons le devoir, en tant que citoyens, de comprendre ce qui empêche notre gouvernement de donner son accord pour accueillir Edward Snowden et Julian Assange, nous avons le devoir de lui rappeler que les valeurs de la République ne sont pas exclusivement des produits d’exportation.

Wikileaks : les risques de l’infowar mondiale


Anonymous
Anonymous

La menace d’une première infowar mondiale se précise. Le Cablegate, jour après jour, nous apporte son lot de confirmations de suspicions, des attaques de Google en Chine à la pression exercée par les USA sur l’Espagne en matière de lutte contre le piratage (après le Cablegate, gageons qu’ACTA n’est plus qu’un mauvais souvenir), jusqu’à des sujets plus lourds comme l’armement nord coréen ou iranien. Le Cablegate est global, mondial, c’est le Cablegate du fond, c’est le Cablegate que tout le monde dénigre à coup de “on apprend rien”, Assange est un pédonazi, Braddley Manning un homosexuel idéaliste et désœuvré… C’est le Cablegate que tout le monde dénigre mais qui fait trembler les capitales et que les États font des pieds et des mains pour tenter de stopper. C’est le Cablegate qui va maintenant s’attaquer aux banques…

Le Cablegate de la forme, c’est Wikileaks. Un site web, administrés par quelques gus dans un garage. Un site qui cristallise les positions des grandes démocraties mondiales. Faut-il faire taire Wikileaks ? Vous vouliez une expérimentation grandeur nature de ce que les pays peuvent filtrer sur Internet ? Vous l’avez, observez le résultat, jamais une telle pression sur les libertés individuelles n’aura été observée : menaces, censure, attaques informatiques, campagnes de communication de crise… pour un résultat nul : Wikileaks est encore et sera toujours en ligne, Wikileaks est devenu le mobile de la première infowar mondiale.

On veut faire taire Wikileaks ? Pour chaque domaine que Wikileaks se fera censurer, 100 domaines seront créés… you don’t fuck with the internets.

Les attaques par déni de service sur Wikileaks ? Le meilleur moyen de s’exposer à une riposte qui tapera au portefeuille, ou pire encore… souvenez vous acs:Law. L’infowar, pour un gouvernement (peut être à l’exception du gouvernement chinois qui ne demande qu’à profiter de la confusion), c’est le VietNam. Le Net est comme une rizière géante dans laquelle chaque internaute est un soldat potentiel. Si infowar il y a, ce sera l’infowar de la forme, peu importe le fond, on ne censurera pas Wikileaks.

Dans une démocratie normale, un ministre n’a pas à s’octroyer les pouvoirs d’un juge et l’empressement de Monsieur Besson à expliquer que “l’État a son mot à dire” est la démonstration parfaite de sa méconnaissance de la problématique à laquelle il se retrouve confronté. Quand la France héberge Wikileaks, le monde ne voit pas l’allié des américains, le monde voit le pays des droits de l’homme et du citoyen, le pays de la liberté d’expression. Rien que pour ça, l’intervention de Monsieur Besson était anachronique, à côté de la plaque. Ensuite Wikileaks et plus généralement le Cablegate auront un impact sur nos démocraties. Vous pouvez être pour ou contre, le monde s’en fout, le monde vous demande juste de vous y préparer et de commencer à travailler pour que ceci se fasse bien, dans le respect des droits de chacun. Sinon, en guise d’infowar, vous ferez comme pour la pédophilie, le terrorisme, les jeux en ligne, et plus si affinités, vous bloquerez, vous filtrerez en disant “regardez, ceci n’existe plus et c’est grâce à nous“… et vous n’aurez trompé personne, vous aurez refusé de faire votre travail en vous cachant derrière votre petit doigt avec la censure bête et méchante comme seule réponse à un tournant historique de la géopolitique contemporaine. La France avait un moyen de briller en portant un message fort, monsieur Besson nous a donné matière à rougir.

Essayer de couler l’iceberg Wikileaks, c’est s’attaquer à la forme quand on arrive pas à attaquer le fond. Et sur le fond, Wikileaks a déjà gagné la guerre : Wikileaks est vérité, la presse mondiale (qui elle aussi publie mais ne semble faire l’objet d’aucune attaque) en atteste. Wikileaks a marqué beaucoup, beaucoup de points, et continue d’en marquer à chaque tentative de censure ou prise de positions sur les déclarations d’intentions par rapport à la régulation du Net. Wikileaks est un accélérateur, il laisse comme seule alternative aux USA l’infowar …au moment où ils sont à découvert. Personne n’a intérêt à une escalade, censurer Wikileaks est le meilleur moyen d’encourager cette escalade.

Avenge Assange : Les Anonymous s’apprêtent à venger Julian Assange

Avenge Assange Anonymous
Avenge Assange Anonymous

L’information commence à circuler, les anonymous seraient en train de préparer une attaque coordonnée de représailles envers ceux qui veulent la tête de Julian Assange. Le site de Wikileaks est toujours victime d’attaques par déni de service, on se doute bien que les anonymous utiliseront donc la même méthode que les personnes qui cherchent à faire taire Wikileaks.

On se doutait bien que le gouvernement américain, Amazon, Paypal, ou EveryDNS, et surement aussi un peu Éric Besson, en France, avaient émis des signaux assez négatifs. Pierre Chappaz parle d’infowar, on est en plein dedans. Reste maintenant à savoir quelles seront les cibles effectives des anonymous et plus globalement d’une population d’internautes qui pourraient, à la veille des fêtes de Noel, se passer le mot pour boycotter Amazon qui ne fait pas que du cloud. La censure de Wikileak va être complexe, on le savait, voici maintenant la seconde phase de l’effet Streisand : la guerilla numérique.

Il y aura un avant, et un après Wikileaks.

Pour Besson Wikileaks est un site criminel

Julian Assange
Julian Assange

Eric Besson était sur Europe 1 ce matin. Pénible comme intervention. Vous pouvez l’écouter ici, ça commence vers 14’30”. Toute la pénibilité de l’homme qui sait qu’il fait le choix de s’engager sur une pente glissante mais qui est obligé de passer par là s’il veut être entendu dans tout ce bruit. Et bien  tout ça ne sent franchement pas bon à la veille de la seconde lecture de LOPPSI 2, les intérêts du ministre de l’industrie qu’il est (et il le rappelle, Internet est une industrie), convergent avec ceux de certains fournisseurs d’accès, des équipementiers, et convergent également avec l’orientation sécuritaire de la politique actuelle du gouvernement. L’affaire Wikileaks devrait donc naturellement s’inviter dans les débats de l’Hémicycle et j’ai bien peur que l’on ne se mette à reparler de technologies de reconnaissance de contenu ou encore plus stupide, comme un gros bouton rouge pour couper l’Internet.

Besson un avant-goût de cleanternet

J’ai été soufflé de l’aplomb avec lequel Eric Besson, s’est substitué à un juge français et américain en même temps pour décréter Wikileaks comme une organisation criminelle. Notre ministre fait des raccourcis un peu rapides : il part du principe admis que Wikileaks est un site criminel parce qu’il a volé des documents, première erreur, Wikileaks n’a rien volé, il a diffusé des documents supposés volés. Quand on lui demande pourquoi il n’attaque pas le quotidien le Monde, Eric Besson n’en ramène d’ailleurs franchement pas large. Eric Besson lâche ensuite une position bien tranchée sur le rôle de l’État dans le cadre de la censure d’un site web : “l’Etat a son mot à dire”. Le ministre se lance après dans une définition de ‘l’Internet libertaire’ pour lui, c’est l’Internet des pédophiles et des terroristes. Peu de doutes, Monsieur Besson a bien envie de nettoyer ton Internet, il a décidé que l’État devait se prononcer sur la légalité des contenus sur Internet et qu’il est à même de juger un homme, quitte à se soustraire à la justice… américaine.

Le Cablegate aura un effet positif, les véritables intentions des uns et des autres en matière de filtrage vont pouvoir librement s’exprimer et on verra qui défend quelle position. On devrait donc vite voir assez clair dans le jeux de personnes qui ont tout intérêt à tenter de filtrer Internet. Grâce au Cablegate, on aura au moins appris qu’Éric Besson se fout bien qu’un juge ait à se prononcer sur la légalité d’un site web ou pas, le shériff, c’est lui.

Mise en cause de la vie d’autrui

Eric Besson condamne de fait Wikileaks en retenant un chef d’inculpation que même les lawyers de la Maison Blanche n’ont pas retenu pour poursuivre Wikileaks (en tout cas ça leur semble bien moins évident que pour monsieur Besson), d’ailleurs le site ne fait pas à ma connaissance l’objet de poursuite directe, c’est Julian Assange que l’on poursuite pour un un très supposé crime sexuel… et on va voir la tronche du crime.

Le mandat d’arrêt international contre Julian Assange, cette red notice Interpol ne parle même pas de viol, d’agression sexuelle; juste un “sex crime” qui fait référence à un “rapport sexuel non protégé“…. pas une agression, pas un viol, pas une mise en danger de la vie d’autrui (ou alors leur astuce juridique est là mais ils auraient pas oser quand même.. c’est un peu grossier)… c’est un homme, l’homme le plus recherché du monde… que l’on recherche officiellement dans le monde entier pour ne pas avoir mis de capote !

Pourtant, Eric Besson invoque lui une mise en danger de la vie d’autrui et soutient que l’État américain a porté plainte pour des activités criminelles.

Et bien montrez nous un indice de cette plainte, car la red notice elle, elle n’en parle pas.

#Cablegate : Le mandat d’arrêt contre Julian Assange en question

wikileaks mirrors
mirrors wikileaks

Le fondateur de Wikilieaks, Julian Assange est toujours aux commandes. On apprend aujourd’hui que le mandat d’arrêt d’Interpol relayé par la presse comme pour des faits d’agressions sexuelles et de viols ne soit pas si clair que ça. Émis par la justice suédoise, ce mandat concernerait des “relations sexuelles sans protection (comprenez préservatif)“. Si tel est le cas, un mandat international serait pour le moins étrange et on se demande si le prochain ne concernera pas un feu rouge grillé ou un stationnement en double file.

Petit guide d’accès à Wikileaks

Go Julian !

Wikileaks Statelogs : Julian Assange donne des précisions

assange
Julian Assange

Julian Assange a donné cet après-midi une visioconférence de presse dans laquelle il donne des précisions sur les statelogs qui aborderaient selon lui “toutes les questions majeures, des assassinats au Timor oriental aux agissements des banques privées américaines », c’est le site Suisse 24heures qui s’en fait l’écho.

Sans préciser l’endroit d’où il donnait sa vision conférence, Juilian Assange confirme être traqué par la CIA : “la Jordanie n’est pas le pays le plus sûr quand on a la CIA à ses trousses », une information confirmée par l’administration américaine qui disait ce matin tenir le leader de Wikileaks sous étroite surveillance. Impossible en revanche de savoir s’il s’agit d’un coup de bluff de la part du Département d’État américain, on sait Julian Assange à la fois compétent et prudent dans ses déplacements et ses communications.

24heures évoque encore une fois une volumétrie de 3 millions de documents, confirmant ainsi les premiers chiffres évoqués par Wikileaks.

Owni proposera dés leur publication une application d’investigation collaborative, indispensable pour être en mesure d’éplucher rapidement tous ces documenrts.

Notez aussi l’initiative de Benoit Chesneau, un brillant développeur et copain de l’AFPY, qui a mis en place une application de réplication en couchdb des documents publiés par Wikileaks qui devrait contribuer à diffusion et à la non altération des fuites de Wikileaks… un must qui enfonce le clou : tous les internautes peuvent monter leur propre miroir et contribuer à l’accessibilité des informations diffusées par Wikileaks.

Pendant ce temps… toujours rien sur les ondes radios ou chaines de télévision françaises.