Du troll velu à la vraie Gallaire

copyleft
Free as Free speech... not Free Beer

Le troll enfle, ça prend des proportions démesurées et pour tout vous dire, moi aussi ça commence à m’agacer, ça en cause partout sur les forums, même à la télévision aujourd’hui sur BFM entre autres… A l’origine de ce troll, Florent Gallaire, un jeune homme aux opinion politiques bien tranchées, qui, s’emparant d’une cause qu’il ne maîtrise visiblement pas tant que ça (la culture libre), est en train de porter sérieusement préjudice aux partisans du logiciel et de la culture libre en général.

Florent Gallaire, juriste spécialisé en droit du numérique, a unilatéralement décidé de diffuser sur son blog le dernier prix Goncourt “La carte du territoire” de Michel Houellbecq sous prétexte que ce dernier utiliserait des passages tirés de Wikipedia et donc sous licence Creative Commons. Son argumentaire est développé sur son blog, mais voilà, il y a comme un hic. Florent, qui n’a aucune légitimité ni sur l’oeuvre, ni sur les contenus libres de Wikipedia (il n’en est pas l’auteur et encore moins le conseil juridique des auteurs) a décidé de s’investir de droits de libre redifusion selon les termes de la Creative Commons by SA, arguant que l’oeuvre de Michel Houellebecq est de fait une oeuvre composite. Comme cette oeuvre contient des passages sous licence Copyleft, il en déduit que l’oeuvre de Michel Houellebecq est également Copyleft… un bien hasardeux raccourci. Je ne vais pas me lancer dans une explication sur la viralité des licences libres, le débat n’est même pas là, mais vous trouverez d’intéressants commentaires sur le beau, le grand, l’unique… j’ai nommé LinuxFR, qui, comme la tradition du vendredi l’y oblige, a abondamment commenté le troll servi sur un plateau d’argent par Florent Gallaire. Linux FR n’étant pas le dernier endroit en France ou les défenseurs du libre échangent, j’invite Florent à lire ces commentaire avec la plus grande attention, ou encore à se rapprocher de Benjamin Jean, de Veni Vidi Libri ou des excellents Antoine Moreau et  Mathieu des non moins excellents Artlibre et In Libro Veritas.

Bilan, Flammarion, l’éditeur,  va porter plainte et nous devrions assister à une issue qui me déplaît fortement, tant pour Florent qui me semble vraiment être dans l’erreur, que pour le libre qui aurait mérité une bien meilleure cause pour faire valoir sa légitimité devant les tribunaux français. Florent a à mon sens cherché une certaine visibilité pour sa propre pomme, sinon, il aurait simplement contacté les auteurs des textes de Wikipedia en question pour faire en sorte que ces derniers fassent, légitimement cette fois, valoir leurs droits.

Aujourd’hui c’est le site SurLeRing qui termine de m’achever en exhumant une vidéo de Florent Gallaire, vous allez voir, il va droit au but, atteignant son point Godwin en moins d’une minute, et pas qu’une fois, c’est un superbe combo. Je ne commente pas plus et  je vous laisse découvrir qui risque d’être le premier à tenter de faire valoir le libre pour autre chose que des logiciels devant la justice française, je ne saurai plus exprimer ma consternation… J’espère juste que Flammarion et  Michel Houellbecq n’assimileront pas la culture libre à ce débordement, et qui sait, que Flammarion, un jour, éditera une oeuvre dont l’auteur aura choisi délibérément une licence copyleft.


L’appel des Cordeliers
envoyé par Doumenge_Mistral. – Gag, sketch et parodie humouristique en video.

Les cons, ça ose tout … c’est même à ça qu’on reconnait l’INPI

EDIT :

Lire la réponse de l’INPI (à laquelle j’accorde peu de crédit car son véritable auteur est inconnu et sous entend que ce qui a été donné comme excuse à Isabelle n’a jamais existé).

Celle ci, elle commence comme ça :

« notre partenaire principal, l’INPI, est farouchement opposé à ce que l’exposition donne la parole aux défenseurs du “libre”. Nous avons essayé de discuter et d’argumenter avec eux mais l’INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d’enregistrer. »

On m’a très rapidement signalé cette histoire au sujet de d’une expo organisée à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette à Paris. Au début, j’ai pensé à un malentendu, puis comme j’ai l’habitude de me rendre à la Cité des Sciences pour pas mal d’évènements relatifs aux logiciels libres comme le PyCon-fr ou les Ubuntu parties, je me suis dit que tout ceci était de toutes façons un malentendu, vu que la Cité des Sciences a TOUJOURS accueilli les communautés du Logiciel Libre TRES chaleureusement. Donc nous allons bien faire la différence, il s’agit bien de l’INPI qui est responsable de cette connerie et non la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette.

Mais voilà à l’INPI, il y a des cons. Et les cons, une fois de plus ont osé ! Pour vous situer correctement le truc, l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) c’est le machin où on va enregistrer des idées et tenter de les faire breveter pour s’assurer une rente à vie sur 12 générations (petit jeu auquel nous sommes d’ailleurs tellement nuls que dès qu’un français a une idée, aussi conne soit-elle, il va la faire breveter à l’étranger).

L’exposition intitulée  «Contrefaçon, la vraie expo qui parle du faux », est le faux évènement qui aura réussi à me mettre dans une vraie colère en censurant la Free Culture (attention Free au sens de libre, et non de gratuit). Cette histoire me rend hystérique car la personne que l’on a censuré, Isabelle Vodjani est une personne que je connais personnellement pour ses activités autour de l’art libre et que j’apprécie beaucoup. Je vous invite donc tout particulièrement à lire ceci, où Isabelle explique avec quelle stupidité, l’organisme national sensé protéger les créateurs en tous genres et favoriser l’innovation, se tourne en ridicule en censurant une pratique légale et respectueuse du droit de la propriété intellectuelle, fondatrice de l’Internet, reniant ainsi toute une génération d’entrepreneurs qui ne manqueront pas de s’en rappeler le jour où ils auront un choix de société à faire pour diffuser et vivre de leurs idées.