Reflets.info est censuré par @Maroc_Telecom : #FreeAnouzla

Ali-AnouzlaC’est probablement suite à un article évoquant la censure des sites lakome.com et fr.lakome.com  que Reflets.info se voit censuré depuis cette nuit par le fournisseur d’accès national marocain, Maroc Telecom. Reflets entre ainsi au panthéon du terrorisme marocain pour son allégorie de l’iceberg, un article vous le noterez qui a tout ce qu’il faut comme critères objectifs pour être assimilé à une incitation au terrorisme, argument brandi par le pouvoir marocain pour priver illégalement de liberté le responsable de Lakome, Ali Anouzla, depuis maintenant plus d’un mois.

La stupidité de cette censure n’a d’égal que la peur d’un régime fébrile qui ne sait plus quoi faire pour étouffer la liberté de la presse, pour manipuler l’opinion publique et surtout, pour essayer de préserver ce qui lui reste de crédibilité.

En France nous pouvons regretter que nos politiques cautionnent par leur silence la vente de systèmes de surveillance de masse et de censure à un pouvoir marocain qui affirme jour après jour sa volonté de museler toute opposition en brandissant l’argument du terrorisme. En vendant un Eagle au Maroc, et pour une poignée de millions d’euros de quoi stocker l’ensemble des métadonnées des communications des marocains, la France par le biais des sociétés Amesys, ServiWare et Alten pour ne citer qu’elles, cautionne le muselage de la presse et du peuple marocain, tranchant ainsi fortement avec les atours de chantre des droits de l’Homme que notre république est sensée incarner.  Le silence des politiques à ce sujet est intolérable et sur Reflets.info comme ailleurs nous n’aurons de cesse de dénoncer les mensonges hypocrites de ces derniers quand ils affirment qu’il s’agit de matériel grand public et que ce dernier n’a à souffrir d’aucune autorisation à l’exportation.

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La censure illégale de Lakome et celle totalement absurde de Reflets.info par Maroc Telecom ne sont qu’une illustration de plus d’un pouvoir fébrile qui n’a pour arme que de tenter de dissimuler l’information, comme on cacherait de la poussière sous un tapis. Personne n’a jamais arrêté l’océan avec ses mains. Face à Internet, dont il a visiblement une peur bleue, le pouvoir marocain aura beau s’équiper de tous les outils de censure que la France ou d’autres pays qui se font chantres des libertés voudront bien lui vendre, son illusion de pouvoir finira par s’écrouler. On ne nourrit pas un peuple qui a faim d’information et de liberté avec des matraques, soient elles numériques.

#Snowden, #Assange : cette France qui conchie ses principes fondateurs

FreedomNous vous avons expliqué comment Amesys avait réussi son petit tour de passe passe pour exiler (tout en gardant la propriété) Eagle, son outil de surveillance de masse aux Emirats Arabes Unis, il y a quelques mois de ça. Aujourd’hui en refusant d’accorder à Edward Snowden l’asile politique, ou du moins en montrant une grande frilosité à se poser la question, la France conchie les libertés fondamentales inscrites dans sa Constitution, elle conchie ce qui est censé être notre ciment social.

Comme Julian Assange, Edward Snowden est physiquement menacé. Les informations qu’ils ont révélé sont classifiées aux USA et au motif du délit de “conspiracy” et d’espionnage, tous deux risquent la peine de mort, au mieux, comme le prévoit le Patriot Act, de finir leurs jours à Guantanamo, sans même être jugés.

La France, sur le papier, pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, préfère donc couvrir l’exile financier et technologique de ses produits de surveillance de masse “made in France”, plutôt que d’octroyer à ces deux personnes, auxquelles nous devons une prise de conscience mondiale, leur droit le plus élémentaire : celui de vivre.

Il faut bien comprendre que sous notre droit à nous, Edward Snowden comme Julian Assange n’ont commis aucun délit en publiant des informations classifiées aux USA car elles ne le sont pas du tout en France.

Du point de vue du droit “connu” de nos citoyens (que l’on opposera à des accords secrets), rien ne s’oppose donc à ce que Snowden et Assange puissent bénéficier de la protection de la France, ce serait même parfaitement légitime, humain et dans la droite lignée des valeurs que notre République dit défendre.

Cette frilosité, mise en perspective avec la fuite incompréhensible et innacceptable des activités d’Amesys qui lui valent pourtant aujourd’hui une enquête pour complicité de tortures en Libye sous le régime de Kadhafi, donne un très mauvais signal. Si notre gouvernement cherche à ressouder les citoyens français, qu’il le fasse avec les valeurs inscrites dans notre Constitution. Qu’il ne se dérobe pas derrière des accords secrets passés avec les USA ou toute autre puissance. A l’heure où notre pays a besoin d’envoyer un message fort pour unir un pays en proie à la crise, au doute, à la défiance de la classe politique, il a une occasion unique d’enfin parler d’une seule voix en faisant bloc derrière des valeurs fortes, des valeurs humaines.

Aussi, nous pouvons, nous devons interpeler nos élus sur cette question. Nous avons le devoir, en tant que citoyens, de comprendre ce qui empêche notre gouvernement de donner son accord pour accueillir Edward Snowden et Julian Assange, nous avons le devoir de lui rappeler que les valeurs de la République ne sont pas exclusivement des produits d’exportation.

Libérez Hossein ‘Hoder’ Derakhsha, condamné à mort par le régime iranien

hoderVous noterez qu’il est très rare que je relaie ce genre d’information, mais là, franchement, c’en est vraiment trop. Hossein ‘Hoder’ Derakhshan est un célèbre journaliste et blogger irano Canadien (son blog est le blog en langue persane le plus visité, ce qui lui a valu le surnom de Blogfather). Rien ne peut justifier la condamnation à mort d’Hossein.

C’est un très actif contributeur de Wikipedia sur tout ce qui touche à l’Iran, ce qui lui aura valu une arrestation en territoire Allemand et un interrogatoire par les services secrets iraniens, ce qu’il dénonça publiquement… un affront pour Téhéran.

Emprisonné en Iran depuis le premier octobre 2008, il a été condamné à mort le 22 septembre 2010, pour collaboration avec les gouvernements hostiles au régime.

Vous trouverez sur ce site une pétition contre cette condamnation inacceptable :

http://www.freetheblogfather.org/

Voici donc un communiqué que je vous invite à très largement relayer, tous les bloggers qui sont attachés à la liberté d’expression doivent se sentir concernés par le sort de Hossein :

APPEL D’UNE JEUNE FRANCAISE, SANDRINE MURCIA, POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DE SON COMPAGNON
HOSSEIN DERAKHSHAN, BLOGGEUR ET JOURNALISTE IRANO-CANADIEN, DETENU A LA PRISON D’EVIN EN IRAN.
URGENCE : LE PROCUREUR DE TEHERAN A REQUIS LE 22 SEPTEMBRE LA PEINE DE MORT A SON ENCONTRE.

SAUVEZ HOSSEIN !

« Je lance un appel à la communauté internationale pour la libération de mon compagnon, Hossein Derakhshan, bloggeur et journaliste irano-canadien, surnommé Blogfather, arrêté en novembre 2008 et détenu à la prison de Evin, Téhéran, Iran depuis lors. Nous venons d’apprendre hier que le procureur de Téhéran a requis la peine de mort. Les jours qui viennent pourraient voir cette sentence confirmée par les autorités iraniennes, alors même qu’il n’a fait qu’exercer son métier de journaliste.

L’urgence est donc totale.

A l’heure où toutes les grandes nations se réunissent à New York, dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, c’est au Président Ahmadinejad et à toute la communauté internationale, que je souhaite m’adresser pour qu’Hossein retrouve très vite la liberté, au nom des droits de l’homme et de la liberté d’expression des journalistes. »

déclare Sandrine Murcia, fondatrice d’une agence conseil en services numériques, compagne d’Hossein, avec lequel elle partage la passion des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Hossein Derakhshan (né le 7 janvier 1975), mieux connu sous le pseudonyme de « Hoder », est un journaliste irano-canadien, webloger basé à Toronto puis à Paris. Son blog, rédigé en persan et en anglais, est un des blogs persanophones les plus visités. Hossein Derakhshan établit un manuel d’utilisation du blog, en persan, à l’usage des Iraniens. Ce manuel connait un tel succès qu’en un mois, plus de 100 blogs en persan sont créés. Il existe maintenant des dizaines de milliers de blogs en persan. Ce qui lui vaut le surnom de « Blogfather ».

Hossein Derakhshan débute dans le journalisme en écrivant des articles sur Internet dans le journal réformiste Asr-e-Azadegan. En décembre 2000, il part vivre au Canada, à Toronto, où il commence son blog, en persan, le 25 septembre 2001. Son titre : Sardabir : khodam (Editor : myself).

En 2005, Hossein Derakhshan tient un discours à la conférence Wikimania de Francfort, en Allemagne. Alors qu’il quitte l’Allemagne, il est arrêté et interrogé par les services secrets iraniens au sujet de ses contributions au Wikipédia en persan, et au sujet de sonblog. Il refuse alors de présenter des excuses publiques, comme cela lui est demandé. Au contraire, il rédige un rapport sur ce qui vient de lui arriver, qu’il publie sur son blog. Il travaille alors pour Newsweek, the Guardian, New York Times notamment.

Hossein Derakhshan se rend deux fois en Israël et publiquement rend compte de ses voyages dans son blog pour «contribuer au rapprochement entre Tel-Aviv et Téhéran». Pour un citoyen iranien, se rendre en Israël est passible de la peine de mort.

Très attaché à la culture française, aux valeurs des Lumières, il s’installe à Paris avec Sandrine Murcia en 2007 pour exercer son métier de journaliste et de bloggeur. Il se prend de passion pour les philosophes post-modernistes tels Foucault, Derrida et Deleuze.

Hossein Derakhshan retourne à Téhéran en octobre 2008 pour couvrir le 30ème anniversaire de la Révolution Iranienne et les élections présidentielles de juin 2009. Il est arrêté au domicile de ses parents le 1er novembre 2008. Maintenu en isolation et soumis aux interrogatoires, son procès s’ouvre en juin 2010 à huis clos. Sa famille n’a pas été autorisée à assister aux séances de la cour ni à le voir. Le procureur de Téhéran a requis la peine de mort pour Hossein Derakhshan, accusé de collaboration avec des gouvernements hostiles au régime, d’actes de propagande à l‘encontre des intérêts de la République Islamique, d’insultes aux symboles religieux.

Aidez-nous à libérer Hossein Derakhshan !

A Paris, le 23 septembre.

  • Signez la pétition en ligne:

http://www.freetheblogfather.org/

  • Facebook: Libérez Hossein Derakhshan // Free Hossein Derakhshan

http://www.facebook.com/group.php?gid=37459792838

Contact:

Sandrine Murcia
[email protected]
+33 6 25 90 11 58

Muriel Marland-Militello sur la liberté de la presse : et si ce n’était qu’un petit avant-goût de Christian Estrosi ?

Je viens de me farcir les 3 derniers billets de la député Muriel Marland-Militello. Je ne m’attendais certes pas à passer un bon moment… et bien j’ai été servi, j’ai aussi lu son droit de réponse qui me convient très moyennement, encore une fois, on tente de vous faire gober que c’est pour vous protéger vous, citoyens, alors que comme pour le droit à l’oubli, ceci n’est sensé protéger que quelques puissants, certainement pas le citoyen lambda. Fidèle à la position des anciens combattants de la guerre 3615, c’est bien une nouvelle attaque dans les règles à la liberté d’expression et surtout à la liberté de la presse à laquelle nous assistons, même si celle ci est très subtile. Si vous ne situez pas la madame, sachez que c’est elle qui avait marqué une distinction assez mémorable entre les internautes et les citoyens (comprenez que vous là, les internautes vous n’êtes pas des citoyens et que votre carte d’électeur est certainement pixellisée elle aussi… D’ailleurs, il est communément admis qu’en tant qu’internaute vous êtes sûrement plus zoophile que citoyen… je sais pas pour vous, mais moi je suis toujours scié de lire qu’il y  a de plus en plus en plus de pédo-nazi-zoophiles sur le Net et je ne comprends pas comment ces gens arrivent à tomber là dessus sans chercher ces contenus). En outre, ayant déjà pu constater de visu le gout prononcé de la député Militello pour la censure bête et méchante sur son blog, je ne perdrai pas de temps à aller le commenter pour me faire traiter d’anonyme couard, j’utiliserai donc en tout logique ma propre tribune.

Nous avons été gâtés cette année en matière de propositions stupides, un vrai feu d’artifice. Entre Jaques Myard qui veut nationaliser l’Internet, le sénateur Masson qui voudrait que les internautes s’authentifient sur le Net via un passeport électronique biométrique alors qu’il est lui même un spécialiste de l’anonymat condamnable et condamné par la justice, la vaste escroquerie du droit à l’oubli (qui pour le coup arrangerait bien le sénateur Masson), et maintenant Muriel Marland-Militello qui s’agace que la presse fasse son travail, tout émue qu’elle est que l’on s’attaque à ses copains Johnny Hallyday et Eric Woerth.

2010 c’est du super lourd en terme de tentatives de piétinement des libertés fondamentales. Bon il faut dire que la député Marland-Militello semblait s’ennuyer ferme, à un point tel qu’elle en est même venue à parler foot. Elle a donc décidé il y a une dizaine de jours de déposer une proposition de résolution sur la liberté de la presse. Tout de suite, ça commence assez fort à l’exposé des motivations : Johnny, et de manière plus discrète, l’affaire Eric Woerth. Et la député de la seconde circonscription de Nice met les pieds dans le plat en comparant sans la comparer, l’affaire Woerth à celle de la publication par l’Express de données soumises au secret médical (celles de Johnny Hallyday). Muriel Marland Militello s’était émue de cette publication mais ceci n’avait pas suffit à motiver une action parlementaire.

C’est bien l’affaire Woerth qui motive cette action. C’est pourtant franchement différent, le secret médical n’est pas ici violé, le ministre et sa femme occupe des fonctions qui dans le cadre de l’affaire Bettencourt peuvent soulever pas mal d’interrogations et j’ai le sentiment que la presse fait ici correctement son travail, sans attenter à la vie privée du ministre. Si Mme Woerth avait été kinésithérapeute, le mélange des genres subodoré par la presse aurait surement été moindre. Puis voilà que des témoignages des protagonistes de l’affaire enfoncent un peu plus le ministre

Dans le 3e et dernier billet, c’est plutôt ambiance cour de récréation : Muriel Marland Militello racle les fonds de tiroirs pour décocher une quiche à Christian Vanneste qui avait réagi à sa proposition : “Ainsi la presse est tout à fait nécessaire par exemple pour rapporter des propos d’un élu tenus publiquement même s’ils sont profondément choquants et condamnés par la suite par la justice”. Si vous n’avez pas compris l’allusion, peut être s’agissait-il de ceci. En fera t-elle de même avec Frédéric Mitterrand en le renvoyant sur un ring de boxe Thai ? Ici, on apprendra rien de plus, sinon que Muriel Marland-Militello réaffirme son attachement à la liberté de la presse. Oui enfin il y a liberté et liberté, et ayant déjà opposé ma notion de la liberté d’expression à celle de Muriel Marland-Militello, je vais conserver la mienne…

Alors y’a quoi dans ce machin ?

Dans l’exposé des motifs, on assiste à un rappel sur le fait qu’il s’agit d’une liberté fondamentale, juste au cas où vous étiez distrait. On assiste par la suite à un exposé cohérent, jusqu’à un truc qui me fait un peu plus tiquer : “Enfin le non-respect envers ces secrets par certains journalistes est incohérent avec l’attachement légitime de tous les journalistes au secret de leurs sources d’informations, secret récemment consacré par la loi n° 2010-1 du 4 janvier 2010 relative à la protection du secret des sources des journalistes.” Donc si ça fonctionne bien dans les deux sens selon le principe d’égalité devant la loi, les “sources” balancées à la police par des journalistes du service public ne seraient pas justiciables… tien tien… la suite risque d’être intéressante.

Attaquons le plat de résistance :

Vu la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, et notamment son article 12 qui énonce que « nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes » ;

Et hop, voila, “gogogadéto c’est pour votre sécurité”, c’est la formule communément admise quand on cherche à restreindre vos libertés… on commence à les voir venir de loin celles-ci. On aurait aimé voir la député Marland Militello s’élever avec tant d’ardeur quand Jérôme Bourreau-Guggenheim s’est fait virer de TF1 de manière particulièrement abjecte, sur ordre du ministère de la culture, pour avoir exprimé ses opinions anti HADOPI savament argumentées, et dans un cadre strictement privé (désolé Jérôme, c’est ça d’être un internaute … tu n’es pas un citoyen. Eric Woerth et Johnny Hallyday sont plus citoyens que toi)… et que sa procédure a été classée sans suite. Cet exemple ne fait que confirmer cette tendance particulièrement énervante à faire passer des lois privatrices de libertés principalement destinées à des “gens plus égaux que les autres”. Ça devient vraiment énervant et là je pèse mes mots mais je risque bien de vous la faire version hardcore un de ces quatre matins… en vous racontant ce que je pense des tests ADN pour un vol de scooter , des histoires ministérielles auvergnates ou des relents de racisme ordinaire sur une plateforme super sociale dont l’UMP aurait demandé la fermeture s’il n’en était pas l’éditeur… et oui, l’Égalité aussi, inscrite dans notre constitution, c’est surtout un produit d’exportation. Quand c’est une valeur de la République qu’on piétine, ça va, c’est quand on piétine plusieurs qu’il y a des problèmes …

Ce qui nous amène directement aux considérants 3,4,5 et 6 qui sont le corps même de la proposition :

3. Considère que la divulgation non autorisée dans la presse d’informations relevant du domaine de la vie privée ou couvertes par un secret professionnel, et en particulier par le secret médical, porte une atteinte inacceptable aux droits et libertés fondamentales de la personne qui en est victime ;

4. Affirme que le « droit d’informer » doit se fonder sur une information obtenue de manière légale, loyale, et qu’elle doit être exacte, objective, pertinente et répondant aux exigences fixées par la loi et la jurisprudence ;

5. Que toute violation de ces principes est inacceptable et doit être condamnée, à commencer par les journalistes eux-mêmes afin de sauvegarder leur déontologie ;

6. Appelle la profession des journalistes et tous les médias à respecter à chaque instant la Charte de Munich, portant déclaration des devoirs et des droits des journalistes.

  • Le 3e point soulève une question sur la définition de la sphère privée d’une personne publique, ce n’est pas toujours évident de distinguer ce qui relève du public ou du privé, l’affaire Woerth en est une belle illustration.
  • Le 4e, lui, me fait penser qu’il transpire un peu le troll velu du vendredi nous allons l’illustrer comme suit : “Bonjour je suis journaliste pour les Infiltrés, je ne vais pas vous arrêter par contre je vais vous balancer à la police une fois que vous aurez fait péter les scores de mon audience… mais pour l’instant lâches mon slip” : là on est dans le domaine du loyal non ? Est-ce pour autant acceptable ?
  • Le 5e considérant me gêne particulièrement à cause du 3e : on parle de condamner l’exercice d’une liberté fondamentale en se basant sur des contours particulièrement subjectifs, ou qui le sont assez pour suffir à museler la presse par peur de la condamnation pour cause de vents contraires.
  • Le 6e et dernier considérant appelle à respecter la charte de Munich, rien à redire la dessus, si ce n’est que c’est une charte et non une loi avec son cortège de décrets d’application et sa jurisprudence et qu’il est donc très facile d’opposer le concept de vérité à un autre concept de droit assez généraliste pour que celui-ci devienne caduque

Il y a ensuite une dernière chose qui m’embarrasse quand je vois monter Muriel Marland-Militello au créneau pour placer un pion sur l’échiquier de nos libertés. La député Marland-Militello est une proche du ministre de l’industrie, Christian Estrosi, et j’ai très peur qu’Internet écope de ce dernier en Ministre, à la place de NKM. Il va donc de soi que je regarde avec un oeil très méfiant les errements de son entourage direct à propos du Net et de la liberté d’expression en général. Bref ces grandes manoeuvres commencent à sentir le remaniement ministériel estival, et le petit truc à faire en douce pendant que les internautes sont en vacances, c’est bien de placer Internet sous la coupelle du Ministre de l’Industrie, un fidèle porte-flingue de Nicolas Sarkozy.