Des milices associatives pour faire la police sur Twitter ?!

flattr this!

BlackTwitterIconOn se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir nous pondre notre Fleur Pellerin. La polémique faisait rage puisqu’une poignée de gros malins a trouvé opportun de médiatiser des hashtags à caractère raciste. Du coup, des hastags dont on avait jamais entendu parler ont été relayés par toutes les chaines de télévision… tandis que ça par exemple la télé et bien elle s’en fout, tout comme Bercy d’ailleurs. Cette polémique m’agaçait déjà car elle stigmatisait Twitter. Comme si la bêtise humaine s’était donnée rendez-vous sur Twitter et nul part ailleurs.

Une fois tout ceci copieusement médiatisé, il fallait bien trouver une « solution » à un problème monté en épingle de toute pièce. Et la « solution », je la découvre sur Numérama ce matin. Mon écran et mon clavier en sont encore tout maculés de café.

Pourtant un problème, il y en a bien un. Twitter est connu pour être peu enclin à collaborer avec les autorités françaises lorsqu’il s’agit de fournir des données sur un utilisateur. Twitter se cachait derrière son petit doigt en arguant qu’elle est une entreprise américaine répondant au droit américain. Mauvaise défense… car Twitter délivre un service de communication au public tel que définit dans la loi de Juin 2004 sur la confiance en l’économie numérique (LCEN).

Mais le plus grave n’est pas là, en fait le vrai  problème, c’est la « solution » trouvée par le gouvernement. La solution, c’est donc de contraindre Twitter prioriser les demandes de retraits de contenus litigieux émanant d’associations(!). A aucun moment au gouvernement une personne ne semble avoir eu l’idée de faire appliquer la loi… tout simplement.

Des associations ? Lesquelles ? Pour des délits qui relèvent du pénal ? WTF !?

Les insultes, les injures, les incitations à la haine raciale dont des délits qui relèvent du pénal. La jurisprudence est déjà bien fournie, la justice dispose de tout les outils nécessaires pour poursuivre un internaute. Au lieu de poursuivre les personnes se rendant coupables de délits qui relèvent du pénal, le gouvernement a choisi de se masquer les yeux : la censure, le retrait de contenu. Les associations concernées (tiens lesquelles d’ailleurs ? Comment sont elles choisies ? Par qui ? Est-ce que je pourrai monter ma propre association pour dénoncer les tweets discriminants anti GNU Linux et à la gloire de Lèpre OS ? Twitter va vraiment procéder à des retraits de contenus, de la censure, sur simple dénonciation d’une association ? sans intervention d’un juge ? pour des délits relevant du pénal ?

Suis-je le seul à voir là une inquiétante dérive ? Là on ne parle pas de haute autorité avec un collège composé de magistrats. On parle de personnes qui vont « juger » au doigt mouillé les tweets, « juger » de l’opportunité d’entraver la liberté d’expression et de communication des internautes. C’est un précédant qui m’inquiète sérieusement. La régulation d’Internet se fait par les internautes, les exemples de comptes abjectes sur twitter qui disparaissent en quelque minutes sur simple signalement des utilisateurs sont légion. En quoi des associations visées et tamponnées par le gouvernement seraient elles plus aptes que les internautes eux-mêmes à signaler des contenus ?

7 Comments

on “Des milices associatives pour faire la police sur Twitter ?!
7 Comments on “Des milices associatives pour faire la police sur Twitter ?!
  1. qq coquilles

    s/nul par/nulle part/
    « solution » *à* un problème
    maculé*s*
    s/loin/loi/ (définit dans la loin)
    contraindre Twitter *à* prioriser
    « la justice dispose de tous les outils » (là je sais jamais, j’aurais mis « tout »)
    « juger au doigt », « juger de l’opportunité » j’aurai mis des guillemets à « juger » puisqu’elles ne sont pas juge et donc inaptes à le faire.

    Non, tu n’es pas le seul, le papier de Laurent Chemla sur ecrans.fr est à lire (je me doute que c’est déjà fait pour beaucoup).

  2. Entièrement d’accord avec ce billet.En prenant une telle décision alors qu’il existe des outils législatifs opérationnels, le gouvernement pratique la méthode du pis aller. Alors même que,entre poursuites pénales et « auto-régulation » du réseau, une réponse exemplaire et efficace pourrait être effectuée, il décide en quelque sorte de se faire juge et partie. Une dérive inquiétante dans laquelle je vois quant à moi une atteinte supplémentaire à la séparation des pouvoirs.

  3. Oui une simple application des lois serait suffisante.

    On nage dans le sensationnel et l’émotionnel. On brasse du vent pour rien. Mais ça détourne l’attention du peuple des vrais problèmes. :)

  4. Oh non tu n’es pas le seul à y voir une super pente savoneuse glissante, et le pire c’est que je la vois bien rampante cette censure quand « Ils » trouveront que des accords entre 4′zieux à l’amiable permettront de bien éliminer toute info horizontale et en pilotant bien le vertical.

Laisser un commentaire